6 Juin 2001
On avait presque oublié sa domination outrancière sur le circuit féminin pendant la saison 2000. On avait presque oublié ses 520.000 dollars de gain, qui avaient éclipsé les 368.770 dollars gagnés par Mickey Wright durant une carruère qui comportait pas moins de 82 victoires... On avait crû qu'elle se trainerait toute la saison 2001 derrière une Annika Sorenstam sûre d'elle, dominatrice.
Mais le dernier US Open féminin nous a rappelé qu'une grande championne reste une grande championne. Certes, Sorenstam et ses cinq victoires en 2001 ne sont pas oubliées. Certes Sorenstam reste la seule joueuse à ce jour à avoir inscrit un score de 59. Cependant, on peut à juste titre penser que les parties ne seront plus désormais aussi faciles qu'elles ne l'ont été durant ces premières semaines de 2001.
Car la rivalité entre les deux grandes joueuses n'a jamais été aussi visible. Jack Nicklaus avait un jour déclaré qu'une grande et belle rivalité ne s'appréciait pas seulement dans les derniers tours au coude à coude, mais aussi dans ces successions de gains, et d'échecs, où chaque joueur prend le dessus sur l'autre durant quelques mois, quelques semaines. C'est ce qu'a exprimé Karrie Webb dimanche, lorsqu'elle a pathétiquement déclaré que "l'année est longue, et qu'il y a encore plein de tournois à jouer".
En réalité, le changement qui est en train de se produire sous nos yeux est double. Karrie Webb, c'est clair, a finalement clarifié ses idées et réduit la puissance de son swing, après deux saisons magistrales qui ont amené tant de succès à cette jeune Australienne de 26 ans. Sorenstam, quant à elle, est entrée dans une sorte de twilight zone. "Elle veut préparer ses parties de fond en comble, et laisse peu de place à la surprise, à la flexibilité", a déclaré son amie Pia Nilsson, en guise d'auto-critique sincère. Son jeu est plus rigide, et elle n'arrive plus à s'adapter à la faute qui peut la menacer à chaque départ...
Désormais, l'objectif principal de Sorenstam va être de défaire Webb, particulièrement au prochain Championnat LPGA. Mais une chose est certaine: non seulement pour leur talent, mais bien plus pour leur rivalité naissante, une paire de joueuses est en train de rentrer dans l'histoire.