16 Février 2004
"Supervedette" du golf féminin, la Suédoise Annika Sorenstam, 32 ans, s'est lancé un nouveau défi: se mesurer à ses homologues du circuit masculin (PGA) à partir de jeudi à Fort Worth (Texas), chose qui ne s'était pas produite depuis 58 ans.
Présentée par Sorenstam comme une "curiosité" quelques mois plus tôt, cette aventure, qui s'est concrétisée< sous la forme d'une invitation, s'est transformée en une "bataille des sexes", à l'image du match de tennis entre Billie Jean King et Bobby Riggs le 20 septembre 1970.
A tel point que, même en l'absence du "roi" Tiger Woods, le tournoi texan a pris une dimension digne des plus grandes épreuves. Depuis le début de la semaine, il figure à la "Une" sportive, si ce n'est générale, de la plupart des journaux américains, résultat de la présence de 583 médias accrédités là où ils étaient seulement 178 un an plus tôt.
Même les grands hôtels-casinos de Las Vegas (Nevada) ont ouvert leurs centres de paris à l'événement, estimant la capacité de la Suédoise à franchir le cut après deux jours de compétition ou sa chance de brandir le trophée apparemment impossible (750 millions contre 1).
"J'étais peut-être un peu naïve en ne pensant pas à tout cela", admettait la Suédoise à son arrivée à Fort Worth, lundi, où une douzaine de photographes campaient depuis des heures à l'entrée du clubhouse. "Je suis encore surprise par toute cette attention, toutes ces opinions d'experts en tous genres".
Conseils de "Tiger"
Lors de sa première grande apparition devant la presse, mardi, la Suédoise a indiqué avoir reçu quelques conseils de Woods en personne, celui qui, contrairement à certains messieurs, a salué la tentative de la N.1 mondiale avec laquelle il s'est même entraîné en mars dernier.
"J'ai parlé à Tiger, c'est même lui qui m'a appelé plusieurs fois, a-t-elle confié. Il m'a simplement dit de bien jouer. Il m'a dit comment me comporter sur le parcours mais aussi devant vous (la presse), un domaine qu'il connaît bien et où il excelle".
Reste à savoir quelles sont les chances de réussite. Pour certains, ce serait déjà fabuleux si Sorenstam parvenait à franchir le cut, comme l'avait fait la pionnière américaine Babe Didrikson Zaharias en 1945. Pour d'autres, elle se doit de bien figurer au classement pour ne pas ternir l'image du golf féminin.
Sorenstam, elle, ne se fait pas d'illusion. Elle sait qu'elle n'ajoutera pas ce trophée à un palmarès riche de 43 victoires dont 13 la saison dernière. En revanche, elle est persuadé que dans "de bonnes conditions", elle peut viser le par sur un parcours qu'elle a choisi car il convenait à son jeu féminin.
Et surtout, elle aura assouvi sa curiosité et sa "passion pour les défis, la vraie raison de ma présence ici".