19 Juin 2006
Un coup de théâtre magistral, comme seul le golf américain sait nous en livrer à Winged Foot, a permis à l'australien de battre Phil Mickelson sur le fil. Le gaucher le plus célèbre du circuit américain tenait pourtant cet US Open, le 106e, de main de maître. Après avoir vu ses concurrents les plus sérieux mordre la poussière, notamment Tiger Woods, qui n'avait pas franchi le cut, il ne restait plus à Mickelson qu'à rentrer la balle sur le 18e et dernier trou, et l'emporter avec un coup d'avance. Malheureusement, la malédication qui a longtemps semblé frapper Mickelson est revenue le hanter le temps de ce dernier trou: un double bogey incroyable, et il voyait la victoire lui échapper une fois encore. Un erreur similaire sur le même trou privait Colin Montgomerie de la victoire. Et laissait Geoff Ogilvy, sympathique australien de 29 ans, remporter son premier titre de grand chelem. Un miracle.
Il est le premier australien, depuis la victoire de David Graham en 1981, à remporter l'US Open. "J'ai eu droit à un petit don de charité, je crois que j'ai eu un peu de chance aujourd'hui", s'est-il contenté de déclarer... Pourtant, Ogilvy n'a pas démérité. D'abord, d'avoir pu coller au peloton de tête. On ne joue pas au coude à coude avec Monty et Mickelson tous les jours. Ensuite, grâce à un petit coup de génie, sur le 17e trou. Pris dans le rough, Ogilvy ne savait comment s'en sortir. Son caddie lui conseilla simplement un petit chip... Et à la clé, la victoire dans l'un des quatre plus grands tournois au monde.
Ogilvy réalise un score de 285, le plus mauvais depuis bien longtemps à l'US Open. Jim Furyk partage la seconde place avec Colin Montgomerie et Phil Mickelson, à un coup du vainqueur. Geoff Ogilvy encaisse un chèque de 1.225 millions de dollars.