18 Juillet 2005
C'est un Tiger Woods euphorique et dominateur qui vient de remporter son deuxième British Open, devenant, après Jack Nicklaus, le second joueur a avoir remporté chacun des titres majeurs au moins deux fois chacun. Il est également le troisième joueur a avoir remporté plus de dix titres majeurs au cours de sa carrière, après toujours Nicklaus (18 titres majeurs), ainsi que le moins célèbre Walter Hagen (11 titres majeurs). Mais revenons tout d'abord sur ce British Open, qui restera gravé dans nos mémoires pour plusieurs raisons.
Vendredi 15 juillet 2005, Jack Nicklaus marque un dernier birdy sur le célèbre 18e trou de St Andrews pour réaliser le par, soit deux coups de plus que le cut. C'est fini, Jack Nicklaus met un terme à sa carrière et s'en va sous un tonnerre d'applaudissement, encadré par la mini haie d'honneur que lui dressent ses deux partenaires du jour, l'américain Tom Watson et le jeune espoir britannique Luke Donald. Nicklaus met fin à une carrière exemplaire, nous aurons le loisir d'y revenir dans un prochain article.
Mais ce vendredi après-midi, un autre espoir berce nos coeurs. Derrière Tiger Woods qui caracole en tête depuis la veille, nos yeux sont rivé sur un Thomas Levet qui certes fait moins bien que la veille (71 contre 69), mais parvient à franchir le cut, alors que Jean-François Remésy et Jean Van de Velde sont sortis, ne parvenant pas à faire mieux que Nicklaus. Thomas Levet pointe à la 15e place, tandis que Montgomerie, Singh et Garcia pointent respectivement à 4, 5 et 6 coups derrière le champion américain qui semble bien parti pour rééditer son exploit de l'année 2000.
Dimanche 17 juillet, c'est fait Woods emporte son dixième titre majeur, en donnant une impression de facilité et de contrôle de soi impressionnante. Il lui a suffi d'accélérer sur les deux premiers jours, et de contenir la meute des poursuivants, avec des cartes de 66, 67, 71 et 70 le dernier jour. Derrière, les choses se sont éclaircies. Colin Montgomerie est le seul à avoir pu suivre, il finit à cinq coups. Fred Couples, autour de deux cartes de 68, tout comme l'espagnol Jose Maria Olazabal, finissent à la troisième place à six coups du Tigre. Vijay Singh, Michael Campbell, Sergio Garcia ou Retief Goosen pointent tous à sept coups, à la 5e place, laissant comme un goût de déja vu. Thomas Levet s'"est, quant à lui, totalement écroulé lors du troisième tour et pointe à la 34e place, à égalité avec le sud-africain Ernie Els.
Avec 2 British Open, 2 US Open, 2 championnats USPGA et surtout 4 Masters, Woods entre ainsi dans le cercle très fermé des dix victoires en grand chelem, alors qu'il n'a que 29 ans. C'est la consécration, comme la fin d'une mauvaise passe. Car pendant près de deux ans, Woods avait vu les titres majeurs lui échapper un à un. Son jeu commençait à être critiqué, son rang de numéro un mondial devenait abordable par un joueur plus régulier, comme le fidjien Singh. Bref, il devenait temps de changer, de faire évoluer son swing. C'est aujourd'hui chose faite. Avec l'aide de son nouveau coach Hank Haney, Woods a élargi le spectre de son répertoire de coups, et affermi la confiance entamée qui lui était nécessaire pour ceux les plus difficiles. Et ce n'est pas fini, selon l'intéressé. Même Haney se déclare stupéfait par la capacité de son "élève" a se mettre au travail avec un tel acharnement.
Tiger Woods a remporté à 29 ans plus de titres majeurs qu'aucun autre joueur à ce jour. Et à ce rythme, il aura rejoint les 18 victoires de Nicklaus avant une dizaine d'années...