16 Avril 2002
Imaginez-vous un tournoi réunissant l'élite mondiale - six des sept meilleurs joueurs du moment aux première places, dans un mouchoir - sur un parcours complètement remodelé, modifié expréssément afin de n'avantager aucun des joueurs présents. Avec de telles données, chaque joueur semble disposer des mêmes chances de remporter l'épreuve, et tout porte à croire qu'on se trouve en présence de ce que les probabilistes appellent un tirage aléatoire. Exactement la même chose que lorsque vous jetez un dé, chaque face a autant de chances d'apparaître que les cinq autres.
Et bien détrompez-vous, il n'en est rien. Le dé est totalement pipé. Sur ces six stars incontestées du golf mondial, il en est une qui a forcément plus de chances de gagner, et vous avez deviné laquelle... Il semble bien que désormais, à égalité de chances avec les autres joueurs, Tiger Woods prend toujours le dessus. Les autres joueurs semblent accepter ce fait comme une donnée établie, et paraissent satisfaits de se disputer les places d'honneur.
Un tel phénomène ne peut trouver sa source uniquement dans la qualité du jeu du numéro un mondial. Il semblerait qu'aujourd'hui, Tiger Woods dispose d'une nouvelle arme, une arme magique qui annihile les possibilités des autres concurrents, une arme pas si nouvelle, qui semblait avoir disparu des greens depuis l'ère de Ben Hogan ou celle de Nicklaus. Pour nombres d'analystes sportifs, le dernier succès d'Eldrick Tiger Woods dimancher dernier sur le parcours d'Augusta porte la trace de cette arme. Cette nouvelle arme, c'est l'intimidation.
Avec ses sept titres majeurs dont cinq sur les huit derniers tournois majeurs disputés, avec ses 31 victoires sur le circuit pro américain, avec ses 10 derniers parcours consécutifs sous le par à Augusta, ou encore avec son 86ème cut consécutif sur l'USPGA - ce qui le place troisième aprsès Nicklaus (105) et Byron Nelson (113), Woods n'est plus seulement le meilleur joueur du moment, il est devenu un tableau de records, soit battus, soit à battre. Peu de joueurs du circuit professionnel peuvent disputer un tour avec Woods sans le considérer comme un record personnifié, un monument vivant, dont le toucher magique, forcément, porte ses concurrents à l'admirer, plutôt qu'à vraiment vouloir le combattre. Et l'avalanche de succès qu'il engrange année après année, mois après mois, circuit après circuit, ne fait rien pour arranger les choses.
Tiger Woods ne survole pas vraiment la saison 2002. Ses premières participations ont semblé empruntées, son peitit jeu n'était pas vraiment au point, et une certaine aversion pour les parcours détrempés semblait faire jour. Pourtant, au vu de la performance du dernier Masters, tout porte à croire qu'il va falloir compter avec lui pour les prochains tournois. On s'y attendait un peu...