15 Juin 2005
La suédoise Annika Sorenstam se trouve désormais à mi-parcours dans sa conquête du Graal du golf, le Grand Chelem, après sa victoire dans le championnat LPGA, la troisième de sa carrière, et celle obtenue au Kraft Nabisco en mars dernier. Avec un score total de 277, soit 11 sous le par, elle s'est même permis de ne ramener qu'un modeste score de 73 le dernier jour. Sorenstam devance de trois coups la jeune Michelle Wie, qui réalise une performance époustouflante en étant à 15 ans la première amatrice à participer à cette compétition officielle. L'américaine Paula Creamer et la britannique Laura Davies pointent à la troisième place, à cinq coups de Sorenstam.
"Je suis venue ici pour gagner, et c'est ce que j'ai fait", s'est-elle contentée de déclarer à l'issue de la rencontre. La manière y était, même si le trac ou l'anxiété l'ont conduite à bogeyer sur les deux derniers trous, réduisant l'écart avec ses poursuivantes. Ou bien était-elle absorbée par la performance de Michelle Wie, seule joueuse à être descendue sous le par lors des quatre journées de compétition. Car la relève commence à pointer son nez. Agée de 15 ans, Michelle Wie présente toutes les conditions pour mener la vie dure à la suédoise lors des prochaines années. Paula Creamer, que l'on avait remarquée il y a moins d'un mois au Sybase Classic, n'en a que dix-huit. Tout laisse à croire que, comme dans d'autres sports tels que le tennis, l'éclosion des futurs talents se fasse de plus en plus tôt, avant même de passer professionnelles.
Avec 270 000 dollars de gains, Sorenstam s'approche des 20 millions de dollars de gains totaux en compétition. Avec soixante-deux victoires, dont six lors de ses huit dernières participations, elle dispose d'une avance appréciable sur cette jeune génération. Avec de tels potentiels, le golf féminin a de fortes chances, dans les prochaines années, de présenter plus d'intérêt que son pendant chez les hommes. Et ce n'est certainement pas pour nous déplaire.