16 Février 2004
La victoire de Weir dans le Masters de golf dimanche dernier à Augusta ne manque pas de nous rappeler le chemin difficile qu'a parcouru le petit gaucher de Bright's Grove, de son Ontario natal à sa première veste verte.
Bien qu'amateur de hockey, Mike Weir n'en a pas les dimensions. Qu'on en juge, avec ses 70 kg et son mètre 75cms, il n'est pas certes taillé comme les athlètes canadiens "classiques". Ce qui ne l'a pas empêché des années durant de pratiquer le golf à a fois sur les circuits canadien et australien, tout en faisant de timides incursions sur le circuit américain. A cette époque, en plein milieu des années 90, il s'agissait de lutter pour survivre, et il n'était pas rare de voir sa femme Bricia être son caddy à l'occasion.
L'école de la vie
"Il m'a fallu cinq ans pour passer des qualifications au circuit professionnel", raconte volontiers Weir. "Je me souviens exactement du nombre de fois où j'ai raté le cut sur le circuit australien, et à cette époque, je m'en tirais tout seul et ne gagnait pas autant d'argent. Pour vous en sortir, il ne faut vous adresser qu'à vous-mêmes, alors j'en ai mangé du practice..".
"Je me souviendrais toujours de ces années là, ces temps difficiles. S'il y a une chose qui contribue à ma détermination, c'est de savoir comme il est difficile de s'en sortir dans ce milieu. Ce n'est pas du tout facile".
Marié et père de deux enfants, Elle Marisa et Lily, Mike Weir est professionnel depuis 1992. Avec 6 victoires à son actif, il devient le premier gaucher à accrocher une veste verte. Sérieux et concentré sur les greens, Mike Weir sait aussi faire preuve d'humour avec ses proches. Mais comme peu de gens s'intéressent aux derniers classés, Weir a souvent était classé comme un joueur ennuyeux à interviewer par la presse spécialisée américaine. Mais sortez-le du parcours, et vous découvrirez un personnage extraordinairement sympathique, grand amateur de hockey et de sport en général.
Les gauchers sont rois au Canada...
Mais sur un golf, les choses deviennent différentes. Né le 12 mai 1970, Mike Richard Weir a commencé par le hockey avant de se tourner vers le golf à l'adolescence. Comme de nombreux golfeurs canadiens, Weir est gaucher, une conséquence de sa pratique du hockey. Ainsi, la propotion de golfeurs gauchers atteint 22% au Canada, contre seulement 3% aux Etats-Unis. A l'âge de 13 ans, Weir écrivit à Jack Nicklaus pour savoir s'il devrait changer de main, mais Nicklaus lui répondit qu'il valait mieux respecter son swing naturel. Cette histoire a fait le tour du monde, et elle embarasse un peu Weir à chaque fois qu'il croise Nicklaus sur un parcours.
Weir ne fait pas de secrets sur ses priorités dans la vie. Sa famille vient en premier, loin devant le golf. Par conséquent, il joue bien moins de renocntres que certains autres joueurs du circuit, précisant s'il le faut que si être un bon père et un bon mari signifiait gagner moins d'argent, alors il n'hésiterait pas à faire le premier choix.
Une carrière en progression permanente
Après des débuts brillants, Weir traversa une période plus difficile, en 1994, 1995 et 1996. "Je me souviens clairement du moment où les choses se sont cristallisées", avait-il raconté. "C'était sur le practice de l'Open du Canada en 1994, et je frappai aux côté de Nick Price. J'observais comment la balle explosait littéralement au contact du club, et je me suis dit que je ne le batterais jamais si je ne changeais pas certaines choses. C'est ce que j'ai fait". Brennan Little le mis en contact avec le coach Mike Wilson en 1995. Dès 1998, Weir avait complètement modifié ses habitudes et son style de jeu.
Dès 1997, Weir avait remporté la money-list canadienne. Fin 97, il obtenait son ticket pour l'USPGA, après six tentatives infructueuses. La première saison ne fut par spectaculaire, avec seulement 13 cuts sur ses 27 participations, mais revient la saison suivante, grâce à sa première place aux qualifications. Son premier titre ariva en 1999, ramenant au Canada son premier titre sur le circuit américain depuis 1992. Sixième au classement par gains en 2000, puis 11ème en 2001, depuis ce temps, Mike Weir ne quitte plus l'élite du golf mondial. Elu meilleur athlète masculin canadien de l'année en 2000 et 2001, Weir a pourtant connu un creux en 2002, ne signant aucun des top ten de la saison, et replongeant dans les profondeurs de la du classement aux gains. Ses deux premiers titres en 2003 (Bob Hope Classic et Nissan Open en février) n'ont fait qu'annoncer le coup de tonnerre du Masters...