10 Avril 2007
On attendait un favori, mais c'est un joueur bien moins connu qui a remporté l'édition 2007 des Masters de golf. Zach Johnson, 31 ans, a créé la surprise, en s'imposant avec deux coups d'avance, et surtout, le score le plus élevé - 289, soit 1 coup au-dessus du par - depuis la victoire de Sam Snead en 1954, ou celle de Jack Burke Jr. en 1956. Classé 56e joueur mondial avant cet exploit, Zach Johnson a d'ailleurs fait un bond de 41 places, se retrouvant désormais en 15e position. C'est d'ailleurs la première fois qu'un joueur qui ne faisait pas partie des 50 premiers mondiaux remporte les Masters de golf.
La précédente victoire de Zach Johnson remonte à 2004, avec une victoire au Bell South Classic. Johnson s'était certes qualifié pour l'édition 2006 de la Ryder Cup, mais n'avait pas remporté une seule de ses parties. Et pour ses précédentes participations aux Masters, Johnson n'avait pas franchi le cut en 2005, et avait fini en 32e position en 2006. C'est donc bien un joueur assez moyen qui l'a emporté. Comment cela a-t-il pu se produire?
Car derrière, les candidats à la victoire ne manquaient pas. A commencer par Tiger Woods, q était en embuscade encore la veille. Ou Retief Goosen, à la recherche d'un nouvel exploit. Ou encore de Stuart Appleby, en tête à l'issue du troisième tour. Mais tous ont échoué.
A commencer par Woods. La légende voulait que Tiger Woods soit imbattable une fois qu'il a pris le lead. Une légende, certes, déja contredite au Championnat PGA en 2000. Cette fois, un birdie au second trou lui permettait de prendre la tête. Mais après? "J'ai foutu en cette compétition avec deux finish lamentables, sur deux bogeys au 17e et au 18e. C'est quatre coups de trop. On ne peut pas se permettre un tel fiasco pour remporter un tournoi majeur", a-t-il déclaré, plein de lucidité. Il est vrai que dix ans après sa première victoire, c'est la première fois qu'il finit au-dessus du par lors des Masters.
Et Stuart Appleby? Avec une carte de 75, il a fait volé en éclat son avance. Deux double-bogeys, l'un en début de parcours et l'autre au 12e trou, ont eu raison de ses chances de gain. Quant aux sud-africains, Rory Sabbatini et Retief Goosen, ils ont tous deux fini sur une carte de 69, comme Johnson, et partagent la seconde place avec Woods, à deux coups du vainqueur. Tous deux ont pris la tête à un moment de la journée, mais aucun n'a réussi là où Gary Player s'était illustré par trois fois. A croire qu'une malédication s'est emparée des joueurs sud-africains, après la seconde place de Tim Clark l'an passé, derrière Phil Mickelson.
Natif de l'Iowa, Zach Johnson est en fait représentatif de l'américain moyen. Croyant, il s'est déclaré ému de remporter cette victoire le week-end de Pâques. "Je me suis senti béni et que je pouvais m'emparer de la veste verte du vainqueur", a-t-il déclaré à la presse.
Outre la victoire de Johnson, ces Masters se distingueront par leur difficulté. Un parcours extrêmement difficile, où même les joueurs les plus talentueux n'ont pas réussi à exprimer leur talent. Le golf est un compromis entre jeu cours et jeu long. Woods a failli sur ce dernier. Et c'est par ce dernier que Johnson a remporté la victoire. Avec un taux de réussite de 80% - la meilleure moyenne de la journée - Johnson a fait la différence sur son drive. Peu importe la distance - Johnson frappe plutôt moins loin que Woods - c'est sa capacité à se retrouver en bonne position qui lui a permis de contrer les meilleurs. Bravo, Zach, c'est une belle démonstration de golf que vous nous avez donné.